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Le corridor vert d’Hydro Québec pourrait-il donner accès à Meadowbrook aux résidents de Saint-Pierre?

Depuis de nombreuses années, l’un des principaux obstacles à la création d’un parc sur Meadowbrook a été la présence des chemins de fer qui empêchent les résidents de Saint-Pierre d’avoir accès au terrain.

Hydro Québec a récemment annoncé un projet de corridor vert qui pourrait offrir une solution. Dans le cadre de la modernisation de ses lignes de distribution entre les stations Saraguay et Aqueduc, Hydro Québec entend créer un corridor de biodiversité et de transport actif (marche, vélo) de 18 km. Les travaux d’une valeur de 500 millions $ devraient être terminés en 2025. Pour plus d’information, vous pouvez visiter https://www.hydroquebec.com/aqueduc-saraguay/en/

Il s’agit de tout un processus puisque Hydro Québec doit obtenir l’approbation du ministère de l’Environnement, de la Régie de l’énergie et du BAPE. Hydro consulte aussi les intervenants tout au long du corridor afin de s’assurer de répondre aux  besoins locaux.

Nous parlons ici des lignes qui circulent dans l’emprise  à l’arrière du chemin Roxton à Montréal Ouest et qui intersectent l’extrémité sud de Meadowbrook, où l’on trouve déjà un sentier informel. Hydro Québec semble penser que si l’organisme gouvernemental et leur partenaire, la Ville de  Montréal, ainsi que les citoyens faisaient pression auprès du CP, l’entreprise serait plus ouverte à la réalisation de passerelles au-dessus de ses rails.

C’est à suivre….

 

Sur les traces de la rivière Saint-Pierre d’antan

Ce qu’il a été convenu d’appeler la mare Vincent Eggen, une résurgence d’un ancien marais

Dans le cadre des Promenades de Jane 2019, Les amis du parc Meadowbrook et Revitalisation Saint-Pierre ont organisé deux promenades sur le thème de l’historique rivière Saint-Pierre.

Notre guide, l’historienne de l’environnement Laetitia Deudon (Université de Montréal/Université de Valenciennes), a fait de la rivière une partie de son sujet de thèse de doctorat et mené des recherches à Montréal, Ottawa, New York et Aix-en-Provence pour retracer l’évolution de la rivière à travers les siècles.

L’histoire environnementale s’intéresse aux relations entre la société et son environnement et comment l’un influence l’autre. Ses principaux outils sont les cartes anciennes, les archives écrites, les données archéologiques, mais aussi la toponymie (le nom des endroits, les rues notamment) et les morphogènes, c’est-à-dire des éléments du paysage actuel qui conservent la mémoire d’environnements anciens.

Parlant de nom, nous avons appris que l’appellation Saint-Pierre, que l’on a attribuée à la rivière, au lac, à l’ancienne ville et aussi à une rue, rappelle Pierre Chevrier baron de Fancamp, un noble picard qui comptait parmi les fondateurs de la Société de Notre-Dame, à l’origine de la colonisation de Montréal. Autre toponyme intéressant à Saint-Pierre, la rue du Moulin. Les rues appelées de la sorte réfèrent le plus souvent à des moulins à vent, mais ceux-ci se trouvaient plus loin à l’entrée de Lachine et à la sortie du lac Saint-Pierre. Dans ce cas-ci, il s’agirait plutôt d’un moulin à eau qui se trouvait dans les parages. On retrouve par ailleurs un morphogène de la rivière dans la forme du boulevard Saint-Joseph à Lachine, la rue décrivant un coude qui correspond à celui de la rivière d’autrefois.

La rivière Saint-Pierre est particulièrement difficile à retracer : certaines cartes comportent des erreurs, d’autres ne l’indiquent pas et elle réapparait sur d’autres cartes à un nouvel endroit. Les premières cartes et écrits remontent au milieu du 17e siècle et parlent de prairies fertiles, de chasse et de pêche abondantes le long de ses rives. On parlait par endroit d’une rivière de 10 à 12 pieds de largeur, une rivière à régime pluvial qui méandrait en terrain plat. La main de l’homme se fait déjà sentir lorsque le défrichement et la mise en culture sous le régime seigneurial français transformèrent le paysage et que les aménagements hydrauliques, de plus en plus nombreux, accentuèrent les débordements de la rivière, notamment à la fin du 18e et au début du 19e siècles.

Les autorités coloniales essayèrent dès la fin du 17e siècle de mettre cette rivière sinueuse à leurs mains en la redressant pour la rendre navigable afin d’assurer le transbordement des marchandises et d’alimenter les moulins des seigneurs sulpiciens. Un premier effort de canalisation dans les années 1680-1700 achoppa, le roc du sous-sol montréalais s’avérant un formidable obstacle aux constructeurs d’alors.

Par la suite, l’histoire de la rivière Saint-Pierre est intimement liée à la réalisation du canal Lachine. De ressource, la rivière devient au 19e siècle nuisance par ses débordements fréquents et son insalubrité grandissante. On y jetait en effet les déchets domestiques, agricoles et industriels. Les travaux du canal Lachine reprennent alors de plus belle. Un premier collecteur, le collecteur William dont une section est visible au musée Pointe-à-Callière, est réalisé en 1832. Un « bijou d’ingénierie victorienne », cette conduite en maçonnerie enfouit la rivière à son extrémité est. De nouvelles vagues de travaux se succèdent en 1897,  en 1914-1915 puis en 1932 avec la réalisation du grand collecteur Saint-Pierre, un ouvrage en béton cette fois qui finit d’enterrer la rivière et finalement dans les années 1960. La rivière disparait à toute fin pratique du paysage.

Le développement économique et la pensée hygiéniste, qui ciblait les eaux dormantes et asséchait les marais, ont finalement eu raison du cours d’eau (comme de plusieurs autres à Montréal) dont il ne reste que 200 mètres encore visibles à Meadowbrook aujourd’hui.

Pour plus d’information sur le système d’égouts de Montréal, visitez https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gouts_de_Montr%C3%A9al

Et une carte à l’appui pour les mordus de cartographie  http://undermontreal.com/map/

 

L’accès au parc Meadowbrook

https://www.openstreetmap.org/about

Pour que Meadowbrook devienne un parc nature accessible à tous, encore faut-il que la population y ait justement accès.

La carte montre tout plein de possibilités qui pourraient être réalisées avec un peu de bonne volonté.

Pour le moment, le seul accès existant se trouve au bout du chemin de la Côte-Saint-Luc dans la municipalité du même nom. Or, il se trouve que les rues Guelph et Mackle, toujours à Côte Saint-Luc, pourraient aussi donner accès au futur parc, moyennant le prolongement de Mackle jusqu’à l’endroit et l’ouverture des grilles à la fin de Guelph.

Afin de réduire le trafic sur la rue Saint-Jacques dans le quartier Saint-Pierre, certains suggèrent le prolongement de la 1re Avenue jusqu’à Norman et éventuellement Meadowbrook, notamment dans le cadre de la réfection de l’échangeur Saint-Pierre. Pas une mince tâche, car cela nécessiterait de traverser des voies ferrées à deux endroits. Un tel projet donnerait cependant accès à Meadowbrook à la population de Saint-Pierre (il existe déjà un tunnel sous la voie ferrée dans l’axe Broughton/Norman).

Une autre avenue intéressante (pour les piétons, cette fois) se trouve tout à fait à la pointe sud du golf, où il intercepte l’emprise d’Hydro-Québec (le pointillé en bleu). Un chemin piétonnier est déjà aménagé le long de la voie ferrée, un sentier qui traverse les cours arrière et les potagers des résidents. Il ne maque qu’un petit bout à la fin pour se rendre à Meadowbrook.

En autobus, l’usager emprunterait la ligne 162 sur Westminster puis la 103 sur Côte-Saint-Luc. Il pourrait choisir de suivre à pied l’emprise d’Hydro-Québec pour découvrir ce joli coin peu connu.

Pour les cyclistes, il y a encore du travail à faire cependant. La piste sur de Maisonneuve se poursuit jusqu’à Westminster avant de filer sur Broughton pour rallier celle du canal Lachine à bonne distance de Meadowbrook. Autre problématique : le lien entre la future bande verte au pied de la falaise Saint-Jacques et la piste de Maisonneuve, qui n’est pas assuré malgré les représentations de Les Amis du parc Meadowbrook à cet effet.

Un dossier à suivre donc…