Tous les intervenants doivent participer à la décision sur l’Anse-à-l’Orme

    Le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur l’avenir du secteur Pierrefonds-Ouest constitue « une réprimande claire pour la Ville et l’arrondissement pour leurs dix années de relations confortables avec les promoteurs, » selon le porte-parole de Les Amis du parc Meadowbrook, Campbell Stuart.

    Le printemps dernier, l’OCPM a reçu 272 mémoires écrits et entendu 73 intervenants. Environ 87 % des répondants étaient opposés à l’idée de construire des logements à l’Anse-à-l’Orme.

    Les promoteurs souhaitent ériger 5000 unités résidentielles sur 185 hectares de milieux humides, de boisés, de prairies et de champs en friche le long du Lac des Deux Montagnes. Sauvons l’Anse-à-l’Orme et plusieurs autres groupes environnementaux se sont fermement opposés à ces projets immobiliers.

    Le rapport du 29 septembre constate le manque de consensus sur l’avenir de l’Anse-à-l’Orme. L’OCPM a suggéré qu’il faut d’abord faire des études sur la protection de la biodiversité, les avantages collectifs, la viabilité économique d’un nouveau projet, l’étalement urbain, la mobilité et le respect des engagements internationaux sur le plan de l’environnement.

    Il est aussi recommandé que l’exercice de l’aménagement du territoire se poursuive, mais qu’il « devrait inclure, cette fois, toutes les parties prenantes, dont les citoyens et les organismes environnementaux, et proposer divers scénarios allant de la protection intégrale du territoire à un ratio différent de protection et de développement immobilier ».

    Campbell Stuart a présenté un mémoire au nom de Les Amis du parc Meadowbrook et plusieurs membres de ce même groupe ont fait des exposés individuels. Le rapport présenté par Les Amis indique que l’Anse-à-l’Orme doit être conservé et transformé en parc nature, ouvert et accessible à tous.

    Les Amis propose de protéger cette zone pour sa valeur écologique intrinsèque aux générations futures. Le mémoire présenté par Les Amis fait observer que le projet immobilier ne répond même pas aux critères de développement durable de Montréal puisqu’il ne protège pas les zones naturelles, entraine l’augmentation de l’utilisation de l’automobile et ne revitalise pas les quartiers existants. En outre, le mémoire suggère que le projet devrait aussi être rejeté pour des raisons fiscales, puisque l’on demande aux contribuables de subventionner un projet privé.

    Bien que les recommandations de l’OCPM ne soient pas contraignantes, Campbell Stuart souligne que ce rapport est une étape importante dans la lutte pour sauver le Corridor de l’Anse-à-l’Orme de la destruction.

    Un ralliement public aura lieu le lundi 2 octobre à 18 h devant la mairie d’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro (13665, boulevard Pierrefonds, Pierrefonds, QC H9A 2Z4). On y discutera le contenu du rapport et ses implications pour le futur de l’Anse-à-l’Orme.

    La Ville de Montréal a gagné

    La juge Pepita G. Capriolo de la Cour supérieure a rendu Mercredi sa décision dans un litige opposant Groupe Pacific, le propriétaire de Meadowbrook, et la Ville de Montréal.

    La Ville de Montréal a gagné sur toute la ligne !

    Dans cette affaire, Groupe Pacific soutenait que la Ville de Montréal avait pratiquement exproprié le terrain en agissant avec mauvaise foi. La demanderesse poursuivait la Ville de Montréal à hauteur de 43 945 000 $, soit 28 500 000 $ pour l’expropriation déguisée, 10 400 000 $ pour la perte de profits sur la vente des terrains et 5 045 000 $ sur la vente des terrains. Or Groupe Pacific avait acheté le terrain du Canadien Pacifique en 2006 pour 3 millions $.

    Dans sa décision, la juge conclut que Groupe Pacific « n’a pas réussi à faire la preuve que la Ville aurait manqué à son obligation de diligence ou d’équité procédurale dans ses agissements ». Elle n’accorde aucune indemnisation pour perte de profits.

    Les Amis du Parc Meadowbrook se réjouit de cette décision et poursuivra sa campagne pour faire de Meadowbrook un parc nature urbain accessible à tous les Montréalais.

    Consultez https://youtu.be/oalZdXOHwxc, Rapport Pimento #124, “Meadowbrook — A Park for All”. À 7 minutes, 35 secondes, Campbell Stuart fait une presentation sur l’histoire de la lutte pour conserver Meadowbrook. On y trouve aussi une entrevue de Campbell sur l’importance du dernier jugement. (En anglais seulement.)

    Voir aussi:  http://montrealgazette.com/news/local-news/judge-rejects-developers-lawsuit-against-montreal-over-meadowbrook

    Mémoire de Les Amis pour la conservation de l’Anse-à-l’Orme

    Lors d’une récente audience publique, Les Amis du parc Meadowbrook se sont exprimés en faveur de la protection des espaces verts de l’Anse-à-l’Orme à Pierrefonds-Ouest et contre leur mise en valeur résidentielle. Le mémoire, présenté par Campbell Stuart de la part de Les Amis, a souligné à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) que l’Anse-à-l’Orme doit être conservé et transformé en parc nature, ouvert et accessible à tous.

    Les audiences de l’OCPM portaient sur un projet qui permettrait aux promoteurs de construire 5 500 unités résidentielles sur 185 hectares de milieux humides, de boisés, de prairies et de champs en friche. L’Anse-à-l’Orme comporte surtout des prairies humides, situées sur des terrains inondables qui ne sont pas propices à la construction.

    Le mémoire présentait trois principales raisons pour rejeter le projet. Tout d’abord, la zone devrait être protégée pour les générations futures pour sa valeur écologique intrinsèque. Elle abrite des espèces menacées comme le petit blongios, la tortue géographique et la couleuvre brune, de même que de nombreux oiseaux, reptiles et mammifères.

    Les zones humides et les ruisseaux de l’endroit forment un écosystème sain et durable au cœur de l’Ouest-de-l’Ile. Des chercheurs à l’Université du Québec en Outaouais ont d’ailleurs fait une étude exhaustive de la biodiversité de l’endroit (« Évaluation écologique de l’Ouest du territoire de Pierrefonds-Roxboro » ).

    Les Amis avancent que le projet ne devrait pas être réalisé pour des raisons d’urbanisme. Le projet ne répond même pas aux critères de développement durable de Montréal puisqu’il ne protège pas les zones naturelles, entraine l’augmentation de l’utilisation de l’automobile et ne revitalise pas les quartiers existants.

    Le projet devrait aussi être rejeté pour des questions fiscales, puisque l’on demande aux contribuables de subventionner un projet privé. Une étude des couts aux contribuables faite par un chercheur de l’Université du Québec à Montréal (« Analyse des contraintes, coûts et impacts d’un éventuel projet immobilier dans le secteur Pierrefonds-Ouest/L’Anse à l’Orme » http://www.greencoalitionverte.ca/documents/Rapport%20Rajaonson.pdf) démontre que la construction d’un nouveau projet d’habitation à cet endroit exige des infrastructures massives financées par les contribuables qui auront peu de possibilités de rentabiliser cet investissement.

    Le mémoire laisse aussi entendre que le mandat confié à l’OCPM menace son indépendance et son objectivité. Le dépliant des audiences invite le public à « à valider et à bonifier la vision proposée », stipulant que « L’OCPM a été créé tout spécialement pour que certaines consultations publiques soient menées par une entité neutre et indépendante. »

    En proposant que d’autres secteurs de la ville sont plus propices a un développement durable, le mémoire de Les Amis recommande à la Ville de Montréal et à l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro de changer le zonage de ce secteur à récréatif.

    « Nous leur demandons de travailler avec d’autres niveaux de gouvernement afin de créer un parc nature, ouvert et accessible à tous qui comprendrait tout le territoire du corridor de L’Anse-à-l’Orme. Cet espace naturel est trop précieux pour nous et nos descendants pour permettre qu’il soit détruit pour le gain privé. »

    Plusieurs membres de Les Amis de Meadowbrook ont aussi présenté des mémoires à titre individuel.

    Parc urbain national de la Rouge

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