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La pratique du ski de fond sur les terrains de golf privés

Avec la neige qui s’accumule, il est regrettable de constater que Meadowbrook ne reste accessible qu’aux seuls golfeurs de mai à octobre. C’est pourtant un terrain idéal pour la pratique du ski de fond; ouvert, avec de grands arbres et doucement vallonné.

Une petite recherche nous a permis de constater que plusieurs municipalités sont parvenues à des ententes avec les clubs de golf à l’intérieur de leurs limites afin d’offrir à leurs résidents des activités de plein air hivernales. Pour en savoir plus, nous avons rédigé un questionnaire sur le sujet et l’avons fait parvenir à trois municipalités de la région montréalaise qui offrent des activités de ski de fond sur des terrains de golf privés. Voici les résultats de notre petit enquête.

La pratique du ski de fond sur les terrains de golf privés

Les Amis du Parc Meadowbrook a fait parvenir à trois municipalités  de la région montréalaise un questionnaire sur les activités de ski de fond qu’elles offrent à leurs résidents sur des terrains de golf privés. (Le questionnaire est joint en annexe). Dans un cas, ce sont 23,6 km de sentiers de ski de fond et de raquette qui sont balisés. Nous avions aussi recensé d’autres cas, mais il s’agissait de propriétaires de terrains de golf qui offraient des activités de ski de fond pour rentabiliser leur terrain en hiver. Nous avons obtenu les réponses de deux municipalités, l’une qui offre ces activités depuis plusieurs années, l’autre depuis quelques années (projet pilote en 2015).

Résultats de l’enquête

Dans les deux cas, ces activités sont offertes gratuitement. Aucun employé n’est affecté à ces activités, si ce n’est pour tracer les pistes, et les municipalités ne travaillent pas avec des bénévoles. Dans un cas, le budget de l’activité est fixé à 20 000 $.

Dans un cas, l’accès était réservé aux seuls skieurs, tandis que dans l’autre, les raquetteurs pouvaient aussi se prévaloir des installations (sentier parallèle pour la raquette et le pas de patin). Une municipalité offrait même des cliniques de ski de fond sur place à quelques reprises pendant la saison.

Meadowbrook

La municipalité qui offre cette activité depuis plusieurs années aimerait offrir un « concept plus global, style base de plein air » mais « les risques reliés à la météo sont énormes et freinent les ardeurs à ce niveau. » La variabilité des précipitations (pluie, suivie de grêle¸ faible enneigement) ces dernières années rend plus difficile la pratique des sports d’hiver, que ce soit le ski ou le patin.

La collaboration des clubs de golf est essentielle pour le balisage des pistes. Une municipalité souligne compenser les clubs de golf pour l’accès à leur terrain, ce qui est sans doute bienvenu, étant donné la situation financière précaire de plusieurs clubs de golf.

Il n’y a pas de patrouille de sécurité : ce sont les usagers qui assurent leur propre sécurité. Dans les deux cas, les pistes sont damées. Dans un cas, les skieurs ont accès à un endroit pour se reposer qu’ils partagent avec les usagers de la patinoire extérieure. Dans les deux cas, il y a du stationnement gratuit à proximité.

Le cas de Meadowbrook

Le terrain de Meadowbrook présente de nombreux avantages pour la pratique du ski de fond : grands espaces, terrain légèrement vallonné, présence d’arbres pour briser le vent. Il y a même du stationnement sur le terrain (sans doute faudrait-il déneiger pendant les mois d’hiver). L’état de délabrement du club house empêcherait cependant son utilisation par les skieurs.

Le terrain est cependant scindé par une voie de chemin de fer qui pose un problème de sécurité particulier. En tant que fondeur, j’ai déjà traversé des routes et des chemins de fer en ski de fond. On pourrait donc prévoir un panneau qui indiquerait aux usagers les pratiques sécuritaires et le fait qu’ils pourraient rester coincés si un train décidait de se garer là. L’horaire des trains pourrait aussi être affiché. Un autre panneau à l’entrée pourrait d’ailleurs rappeler les règles de sécurité et de bienséance sur les pistes. Si la sécurité est vraiment trop problématique, la pratique du ski de fond pourrait être réservée à la section au sud de la voie ferrée, plus accessible.

On peut donc en conclure que Meadowbrook se prêterait bien à la pratique du ski de fond, moyennant quelques aménagements de base qui pourraient même être partagés entre les diverses municipalités limitrophes.

Des sous pour les programmes de plein air

À noter que le  Programme de soutien aux installations sportives et récréatives du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur annonçait un investissement de 100 millions $ pour la construction, l’aménagement, la mise aux normes ou la rénovation d’installations sportives et récréatives ainsi que de sentiers et de sites de pratique d’activités de plein air. Le programme s’adresse aux organismes municipaux, aux organismes sans but lucratif, aux villes et aux coopératives  La date limite est le 23 février (http://www.education.gouv.qc.ca/organismes-a-but-non-lucratif/aide-financiere/fonds-pour-le-developpement-du-sport-et-de-lactivite-physique/installations-sportives-et-recreatives/).

 

La Ville de Montréal a gagné

La juge Pepita G. Capriolo de la Cour supérieure a rendu Mercredi sa décision dans un litige opposant Groupe Pacific, le propriétaire de Meadowbrook, et la Ville de Montréal.

La Ville de Montréal a gagné sur toute la ligne !

Dans cette affaire, Groupe Pacific soutenait que la Ville de Montréal avait pratiquement exproprié le terrain en agissant avec mauvaise foi. La demanderesse poursuivait la Ville de Montréal à hauteur de 43 945 000 $, soit 28 500 000 $ pour l’expropriation déguisée, 10 400 000 $ pour la perte de profits sur la vente des terrains et 5 045 000 $ sur la vente des terrains. Or Groupe Pacific avait acheté le terrain du Canadien Pacifique en 2006 pour 3 millions $.

Dans sa décision, la juge conclut que Groupe Pacific « n’a pas réussi à faire la preuve que la Ville aurait manqué à son obligation de diligence ou d’équité procédurale dans ses agissements ». Elle n’accorde aucune indemnisation pour perte de profits.

Les Amis du Parc Meadowbrook se réjouit de cette décision et poursuivra sa campagne pour faire de Meadowbrook un parc nature urbain accessible à tous les Montréalais.

Consultez https://youtu.be/oalZdXOHwxc, Rapport Pimento #124, “Meadowbrook — A Park for All”. À 7 minutes, 35 secondes, Campbell Stuart fait une presentation sur l’histoire de la lutte pour conserver Meadowbrook. On y trouve aussi une entrevue de Campbell sur l’importance du dernier jugement. (En anglais seulement.)

Voir aussi:  http://montrealgazette.com/news/local-news/judge-rejects-developers-lawsuit-against-montreal-over-meadowbrook

Mémoire de Les Amis pour la conservation de l’Anse-à-l’Orme

Lors d’une récente audience publique, Les Amis du parc Meadowbrook se sont exprimés en faveur de la protection des espaces verts de l’Anse-à-l’Orme à Pierrefonds-Ouest et contre leur mise en valeur résidentielle. Le mémoire, présenté par Campbell Stuart de la part de Les Amis, a souligné à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) que l’Anse-à-l’Orme doit être conservé et transformé en parc nature, ouvert et accessible à tous.

Les audiences de l’OCPM portaient sur un projet qui permettrait aux promoteurs de construire 5 500 unités résidentielles sur 185 hectares de milieux humides, de boisés, de prairies et de champs en friche. L’Anse-à-l’Orme comporte surtout des prairies humides, situées sur des terrains inondables qui ne sont pas propices à la construction.

Le mémoire présentait trois principales raisons pour rejeter le projet. Tout d’abord, la zone devrait être protégée pour les générations futures pour sa valeur écologique intrinsèque. Elle abrite des espèces menacées comme le petit blongios, la tortue géographique et la couleuvre brune, de même que de nombreux oiseaux, reptiles et mammifères.

Les zones humides et les ruisseaux de l’endroit forment un écosystème sain et durable au cœur de l’Ouest-de-l’Ile. Des chercheurs à l’Université du Québec en Outaouais ont d’ailleurs fait une étude exhaustive de la biodiversité de l’endroit (« Évaluation écologique de l’Ouest du territoire de Pierrefonds-Roxboro » ).

Les Amis avancent que le projet ne devrait pas être réalisé pour des raisons d’urbanisme. Le projet ne répond même pas aux critères de développement durable de Montréal puisqu’il ne protège pas les zones naturelles, entraine l’augmentation de l’utilisation de l’automobile et ne revitalise pas les quartiers existants.

Le projet devrait aussi être rejeté pour des questions fiscales, puisque l’on demande aux contribuables de subventionner un projet privé. Une étude des couts aux contribuables faite par un chercheur de l’Université du Québec à Montréal (« Analyse des contraintes, coûts et impacts d’un éventuel projet immobilier dans le secteur Pierrefonds-Ouest/L’Anse à l’Orme » http://www.greencoalitionverte.ca/documents/Rapport%20Rajaonson.pdf) démontre que la construction d’un nouveau projet d’habitation à cet endroit exige des infrastructures massives financées par les contribuables qui auront peu de possibilités de rentabiliser cet investissement.

Le mémoire laisse aussi entendre que le mandat confié à l’OCPM menace son indépendance et son objectivité. Le dépliant des audiences invite le public à « à valider et à bonifier la vision proposée », stipulant que « L’OCPM a été créé tout spécialement pour que certaines consultations publiques soient menées par une entité neutre et indépendante. »

En proposant que d’autres secteurs de la ville sont plus propices a un développement durable, le mémoire de Les Amis recommande à la Ville de Montréal et à l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro de changer le zonage de ce secteur à récréatif.

« Nous leur demandons de travailler avec d’autres niveaux de gouvernement afin de créer un parc nature, ouvert et accessible à tous qui comprendrait tout le territoire du corridor de L’Anse-à-l’Orme. Cet espace naturel est trop précieux pour nous et nos descendants pour permettre qu’il soit détruit pour le gain privé. »

Plusieurs membres de Les Amis de Meadowbrook ont aussi présenté des mémoires à titre individuel.

Parc urbain national de la Rouge

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