Les Amis appuie la création du parc-nature de la Falaise Saint-Jacques

    Les Amis du Parc Meadowbrook (Les Amis) appuie entièrement la création du parc-nature de la Falaise Saint-Jacques dans un mémoire présenté à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) le 20 novembre dernier.

    Les audiences de l’OCPM portaient sur un projet de la Ville de Montréal de créer un parc-nature de 30 hectares à côté du nouvel échangeur Turcot, parc qui comprendrait un lac, des boisés et un lien nord-sud au-dessus de l’autoroute pour les piétons et les cyclistes.

    « Les Amis du Parc Meadowbrook et d’autres groupes environnementaux de même que des milliers de résidents des arrondissements CDN/NDG et Le Sud-ouest ainsi que des résidents de toute l’Ile qui veulent voir la Ville protéger les espaces verts et les anciennes terres agricoles du développement applaudissent la volonté de la Ville de Montréal de créer un parc-nature de la Falaise Saint-Jacques qui réunit le boisé de la Falaise Saint-Jacques — actuellement un écoterritoire – et l’ancienne cour Turcot », note le mémoire.

    Un parc sur la Falaise, un long escarpement qui borde la zone Turcot, enlèverait de la pression sur le parc du Mont Royal, poursuit Les Amis, en ajoutant qu’un autre parc semblable à Meadowbrook ferait de même. Ensemble, ils réduiraient le trafic automobile dans CDN/NDG et les émissions de GES et amélioreraient la fluidité du trafic.

    Les Amis a été créé par des citoyens il y a 29 ans afin de protéger le terrain de golf Meadowbrook du développement résidentiel et le transformer en un parc-nature de 57 hectares. Le mémoire rappelait que même si la Falaise Saint-Jacques et Meadowbrook ne sont pas contigus, ils sont inter reliés, car la faune utilise ces deux espaces. Le corridor ferroviaire permet aux animaux de passer d’un site à l’autre. Un corridor piétonnier et cycliste pourrait aussi être créé entre ces deux espaces.

    Le mémoire soulignait que la Falaise Saint-Jacques sert de dépotoir depuis de trop nombreuses années. En tant que parc, elle serait nettoyée, des arbres indigènes pourraient y être plantés et les animaux qui y vivent seraient mieux protégés.

    Le parc nature de la Falaise Saint-Jacques serait une bonne occasion de rappeler la présence du Lac à la Loutre, aussi connu sous le nom de Lac Saint-Pierre. Ce lac disparu était alimenté par la rivière Saint- Pierre qui a été enfouie depuis des décennies. On retrouve d’ailleurs sur Meadowbrook l’une des dernières sections encore visibles de la rivière.

    Les Amis a noté que le projet de parc sur Turcot comprenait la création d’un lac et que ce lac pourrait faire partie d’un projet de réouverture de la rivière Saint-Pierre. Les eaux pluviales recueillies par des collecteurs pourraient être remontées à la surface et ainsi créer un plus grand lac qui aurait tous les avantages d’un lac, soit la biodiversité, l’atténuation des inondations et la biorémédiation.

    Les Amis a finalement exprimé le souhait que la ville crée une ceinture de parcs autour du centre de Montréal avec Meadowbrook, le mont Royal, la Falaise, le nouveau parc Turcot et le parc Angrignon comme pièces maitresses.

    Vous pouvez lire notre mémoire à

    http://ocpm.qc.ca/sites/ocpm.qc.ca/files/pdf/P98/7.11_les_amis_du_parc_meadowbrooks.pdf

    Toute la documentation sur la consultation et les présentations d’autres groupes et individus se trouvent à l’adresse suivante

    http://ocpm.qc.ca/fr/parc-nature/documentation

     

     

     

     

     

    “Daylighting” les rivières

    par Sally Cole

    Le « Daylighting »:  une tendance mondiale qui transforme les villes au 21e siècle

    Les cours d’eau étaient autrefois les poumons et les artères de l’urbanisation. La plupart des villes du monde ont cependant enfoui leurs cours d’eau fondateurs sous le béton ou les ont intégrés à leur réseau d’égout sous les routes, les autoroutes, les maisons et les usines. L’enfouissement des rivières a dégradé les habitats et augmenté la pollution ainsi que les couts du traitement de l’eau et de la gestion des déchets. Il a aussi augmenté les inondations et les dommages causés par ces évènements qui se multiplient avec le réchauffement de la planète.

    Qu’est-ce que le « Daylighting » ?

    Le Daylighting (la réouverture en français) est un processus d’enlèvement du béton et des canaux qui recouvrent et obstruent les rivières et les ruisseaux d’origine et de revitalisation des zones humides et du flot d’origine. La réouverture fait partie d’une stratégie plus large de gestion des inondations et de traitement des eaux et essaie de corriger la négligence des villes qui continuent de polluer leurs rivières.

    L’ancien cours de la rivière Saint-Pierre croise la piste cyclable du canal Lachine.

    Pourquoi rouvrir un cours d’eau ?

    Le retour des rivières urbaines perdues en retirant les canaux et en réintégrant le cours des rivières dans les villes fait partie d’un mouvement mondial de redécouverte des rivières urbaines. Au 21e siècle, les villes et les citoyens avant-gardistes – à Londres, New York, Séoul, Zurich, Berkeley – rouvrent leurs rivières historiques afin de stopper la pollution, de mettre fin à la dégradation environnementale et d’augmenter l’habitabilité et la viabilité future de leur ville.

    Ces villes ont noté les effets suivants :

    – réduction des couts de traitement de l’eau

    – aide à la gestion des inondations

    – augmentation de la valeur foncière

    – revitalisation des habitats naturels avec le retour de plantes, d’arbres, de poissons et d’oiseaux indigènes et d’autres animaux sauvages

    – ajout de corridors verts, de pistes cyclables et de sentiers piétonniers qui assurent une meilleure connectivité à l’intérieur des quartiers et entre eux

    – augmentation de la santé sociale et de l’engagement bénévole citoyen

    – création d’occasions en tourisme et dans des secteurs d’affaires connexes.

    Montréal a le pouvoir de se joindre à cette tendance urbaine et d’investir dans l’avenir de notre ville en mettant à jour l’historique rivière Saint-Pierre, la rivière sur laquelle elle a été fondé.

    Modèles de succès à travers le monde

    Depuis 2009, Londres a ouvert plus de 17 km de cours d’eau. À travers le Royaume-Uni, les gouvernements municipaux ont intégré la réouverture dans la règlementation sur la gestion de l’eau et des inondations.

    Zurich, qui a entrepris plus de ces projets que toute autre ville au monde, a surveillé, documenté et analysé les avantages sociaux, environnementaux et économiques. Elle a constaté la réduction des couts de traitement des eaux usées au chapitre économique. Retirer l’eau propre des égouts et la rediriger vers les rivières et les ruisseaux d’origine réduit le montant d’eau qui va aux installations de traitement des eaux usées. Zurich observe aussi une hausse de l’appétit et de l’engagement public pour retrouver ces espaces perdus et améliorer la qualité de vie dans la ville. https://www.weforum.org/agenda/2017/09/daylighting-is-a-new-trend-that-s-transforming-cities/

    La réouverture du Cheonggyecheon à Séoul, en Corée du Sud, a transformé un secteur pollué et à criminalité élevée en canal de dérivation majeur lors d’inondation et en parc public de 10,9 km en plein centre de la ville qui a réhabilité le secteur et attire plus de 60 000 visiteurs chaque jour. La restauration de deux ponts historiques sur la rivière et les modifications apportées à la circulation au centre de la ville a réduit de 2,3 % le volume d’automobiles qui entrent au cœur de la ville chaque jour et augmenté l’utilisation de l’autobus et du métro. En plus de réduire la pollution de l’air, la réouverture du Cheonggyecheon a créé un environnement sain et naturel qui aide à rafraichir la température de 3,6 °C comparativement à d’autres secteurs de Séoul.   https://en.wikipedia.org/wiki/Cheonggyecheon

    La réouverture de la rivière Sawmill à Yonkers, dans l’état de New York, a créé un corridor vert dynamique et revitalisé le centre de la ville.

    http://www.sawmillrivercoalition.org/whats-happening/daylighting-the-saw-mill-river-in-yonkers/.

    Afin de réduire le risque d’inondations, à la suite de l’inondation de centaines de sous-sols en 1999, la ville de Dubuque, Iowa, a lancé une étude d’ingénierie. La principale recommandation de l’étude était de restaurer une section d’un mile de long du ruisseau Bee qui coule au centre de la ville. https://www.americanrivers.org/conservation-resource/daylighting-streams-breathing-life-urban-streams-communities/

    Afin de gérer les inondations fréquentes au centre de Kalamazoo, Michigan, les ingénieurs de la ville ont trouvé que la réouverture du ruisseau Arcadia serait moins dispendieuse que la reconstruction et l’expansion du système de canalisation centenaire.

    Les Amis du Parc Meadowbrook veulent rouvrir la rivière Saint-Pierre !

    La première étape d’un projet de réouverture est la cartographie d’une rivière enfouie sous la ville. Le cours de la rivière Saint-Pierre est bien connu – depuis sa source au Mont Royal à travers ses divers tributaires et jusqu’à son embouchure sur le fleuve Saint-Laurent à Pointe-à- Callière.

    La Rivière Saint-Pierre, 1834 par A. Jobin, du BAnQ http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2243990?docsearchtext=ile%20de%20Montreal%201834

    L’étape suivante est la restauration culturelle de la rivière. Cette étape reconnait la présence d’une rivière enfouie à l’aide d’indicateurs, d’art public et d’activités pour informer le public de son histoire et de son rôle écologique afin de sensibiliser la population aux enjeux environnementaux et aux couts économiques engendrés par l’enfouissement des rivières.

    Dans le cas de Montréal, la ville a enfoui la rivière Saint-Pierre et l’a canalisée dans son système d’égout au point où il ne reste plus que 200 mètres de la rivière encore visibles en surface – dans le terrain de golf Meadowbrook. Et ces 200 mètres sont très pollués par des raccordements illégaux au système pluvial qui alimente le ruisseau. Des membres de Les Amis du Parc Meadowbrook ont commencé le travail de restauration culturelle de la rivière Saint-Pierre en organisant une balade à vélo annuelle le long de la rivière, de Meadowbrook à Pointe-à- Callière. https://www.facebook.com/search/top/?q=ballade%20de%20la%20rivi%C3%A8re%20saint-pierre%20river%20ride

    Le but ultime de la réouverture est bien entendu la restauration naturelle : la revitalisation de toute une rivière ou de sections afin de recréer l’écologie et les habitats d’origine comme cela se doit, comme les poumons et les artères d’une communauté.

    La rivière Saint-Pierre, rivière perdue de Montréal

    par Sally Cole

    Cet article a été initialement publié en 2018.  Il a été largement révisé, et republié le 12/03/2021.

    L’histoire de la rivière Saint-Pierre est profondément liée à celle de Montréal. L’histoire de la rivière raconte le développement de la ville elle-même. Pourtant, la plupart des Montréalais ignorent son existence.

    Depuis longtemps détournée et enfouie dans les égouts et les canaux de la ville, la rivière Saint-Pierre est aujourd’hui largement invisible. C’est une rivière perdue.

    La rivière Saint-Pierre en des jours meilleurs

    Aujourd’hui, de nombreuses villes dans le monde récupèrent et renaturalisent leurs rivières perdues pour en faire des sites historiques, des attractions touristiques, des parcs récréatifs et des habitats diversifiés pour les plantes et les animaux. Le tronçon le plus visible du réseau de la rivière Saint-Pierre qui reste aujourd’hui en surface mesure 200 mètres de long et traverse l’espace vert de 57 hectares du club de golf Meadowbrook dans l’ouest de Montréal. Pourtant, même ce vestige de la rivière pourrait succomber à l’assèchement et disparaitre.

    Pendant des millénaires, le riche habitat fluvial et les milieux humides de l’ile de Montréal ont soutenu les activités de chasse, de pêche, de cueillette et d’agriculture des peuples autochtones. Lorsque Samuel de Champlain a vu l’ile pour la première fois en 1611, il a rapporté que les rivières et les ruisseaux regorgeaient de poissons. Le gibier à plumes y foisonnait. Les fraises, les arbres fruitiers et les noix prospéraient. Le réseau de rivières et de ruisseaux de l’ile de Montréal permettait de traverser l’ile en évitant les eaux puissantes du Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais. Les prés avoisinants offraient un sol fertile pour cultiver et fournir de la nourriture à la colonie que de Maisonneuve fonda 30 ans plus tard sous le nom de Ville-Marie. La colonie s’est développée en devenant une plaque tournante du commerce des fourrures en Amérique du Nord puis un port pour l’exportation du bois vers l’Europe.

    La rivière Saint-Pierre compte parmi plus de 30 rivières et ruisseaux qui traversaient autrefois l’ile de Montréal. Prenant sa source dans les ruisseaux du mont Royal, la rivière Saint-Pierre s’écoulait par plusieurs affluents à travers Côte Saint-Luc, Ville Saint-Pierre, Saint-Henri et Verdun. Elle s’écoulait par l’escarpement de Notre-Dame-de-Grâce (aujourd’hui la Falaise Saint-Jacques), drainant les terres hautes et s’élargissant dans un lac en contrebas qui était appelé lac Saint-Pierre ou lac à la Loutre, aujourd’hui le site de l’échangeur Turcot. La rivière se jetait finalement dans le fleuve Saint-Laurent en face de l’ile des Sœurs.

    Première déviation

    À la fin du XVIIe siècle (vers 1697), les Sulpiciens, qui avaient obtenu en 1657 la seigneurie de Ville-Marie, construisirent le canal Saint-Gabriel pour amener l’eau de la rivière Saint-Pierre plus près de la ville afin d’augmenter le débit d’eau alimentant leurs moulins. Les eaux du lac à la Loutre se sont progressivement asséchées. Dans les années 1820, on creuse un tunnel sous le nouveau canal de Lachine pour contrôler l’érosion de la rivière Saint-Pierre.

    Éventuellement, la rivière Saint-Pierre canalisée rejoignit d’autres cours d’eau, dont le ruisseau Prud’homme qui drainait NDG et le ruisseau Saint-Martin qui drainait le Plateau, pour former la Petite Rivière qui coulait en bordure de Griffintown, traversait la Place d’Youville et se jetait dans le Saint-Laurent à la Pointe à Callière. En 1832-1838, le système Saint-Pierre-Petite Rivière a été incorporé au premier égout en pierre de la ville, le collecteur William, que l’on peut visiter aujourd’hui au musée Pointe-à-Callière .

    Tout au long du 19e siècle, la ville en voie d’industrialisation a redressé, dragué et détourné le réseau de la rivière Saint-Pierre-Petite Rivière, tout en construisant le réseau d’aqueduc de la ville, en fournissant de la vapeur pour faire tourner les moteurs de l’industrie et en développant le réseau d’égouts urbains. Au milieu du XIXe siècle, lorsque les premières gares de triage ont été construites, le lac à la Loutre n’était guère plus qu’un marais (qui a néanmoins réussi à avaler deux locomotives). Au début du XXe siècle, plus d’un tiers de la rivière avait disparu dans les égouts.

    Dans les années 1950, la construction de nouveaux logements dans la banlieue de Côte-Saint-Luc a recouvert des sections ouvertes de l’affluent du Petit-Saint-Pierre ; le centre commercial Côte-Saint-Luc a été construit sur une zone humide du bassin de drainage de la rivière Saint-Pierre. Les 200 mètres de l’ancien réseau de la rivière Saint-Pierre qui subsistent aujourd’hui sont dus au fait que cet affluent, le Petit Saint-Pierre, était un élément clé de l’aire récréative de 57 hectares que le Canadien Pacifique a créée pour ses travailleurs après la Première Guerre mondiale et qui est devenue, au milieu du XXe siècle, le terrain de golf Meadowbrook.

    En 2006, le promoteur immobilier Groupe Pacific a acheté le terrain de golf pour y construire un ensemble résidentiel appelé « Petite Rivière ». La société a soumis une proposition à la Ville de Montréal pour développer le côté Lachine du site. Le plan prévoyait la construction de plus de 1600 unités résidentielles, tout en conservant les 31 hectares situés à Côte-Saint-Luc comme terrain de golf à neuf trous. La proposition comprenait cinq mesures clés pour créer ce nouveau quartier, la première étant à ramener la Petite Rivière à la vie en tant que rivière saine et restaurée. La Ville a finalement rejeté la proposition du promoteur.

    Problèmes de pollution

    La rivière est polluée en raison des raccordements croisés entre les tuyaux d’eaux usées domestiques et les égouts pluviaux de Côte-Saint-Luc et de Montréal-Ouest. Dans sa proposition originale, le promoteur avançait que le Groupe Pacific lui-même purifierait la rivière grâce à un système de roselières et d’étangs peu profonds pour gérer l’eau de pluie et la fonte des neiges et ramener la biodiversité de l’habitat de la rivière pour les amphibiens, les oiseaux et les petits mammifères. La rivière et les zones humides régénérées devaient devenir la pièce maitresse d’un parc pour la nouvelle communauté résidentielle. En hommage au patrimoine agricole dynamique des rives de l’affluent du Petit Saint-Pierre, le promoteur avait également proposé de préserver l’une des haies agricoles d’origine qui subsistent encore à Meadowbrook.

    La rivière Saint-Pierre en 2020

    Cependant, au fil du temps, Groupe Pacific a commencé à qualifier le Petit Saint-Pierre  de fossé malodorant et a poursuivi la Ville de Montréal, exigeant que cet égout à ciel ouvert soit enterré. En juin 2018, un juge de la Cour supérieure du Québec a ordonné à la Ville de cesser de polluer la rivière et d’en nettoyer les berges. Un mois plus tard, la Ville de Montréal et Groupe Pacific ont tous deux appelé de cette décision. La Ville a demandé du temps pour corriger les raccordements d’égouts croisés à Montréal-Ouest et Côte-Saint-Luc, citant la Loi sur la qualité de l’environnement du Québec qui appelle à une gestion intégrée de l’eau pour prévenir la perte de zones humides et de plans d’eau. La Ville a fait valoir que la réhabilitation de la rivière faisait partie d’un plan plus vaste de gestion des eaux pluviales et d’entretien de ses corridors verts.

    Pendant ce temps, Groupe Pacific a également fait appel du jugement de la Cour supérieure, demandant que le jugement soit modifié pour ordonner à la Ville de cesser tout écoulement d’eau vers la propriété – qu’elle soit contaminée ou non – et qu’il ne soit pas soumis à la règlementation environnementale provinciale. En janvier 2021, la Cour d’appel du Québec a finalement ordonné à la Ville de Montréal de cesser tout rejet sur le terrain de golf.

    Nous sommes maintenant très loin de la proposition du Groupe Pacific de faire de le Petit Saint-Pierre la pièce maitresse de son projet immobilier !

    Débat public

    Seules quelques petites sections de ce réseau fluvial historique sont encore visibles sur Meadowbrook, dans le parc Angrignon et près du canal de Lachine. Mais il est clair que la rivière Saint-Pierre continue de jouer un rôle déterminant dans le débat public sur l’avenir de Montréal et le genre de ville dans laquelle nous voulons vivre.

    Au-delà de son importance pour le patrimoine historique de Montréal, la rivière Saint-Pierre et ses milieux humides jouent également un rôle environnemental important en maintenant la biodiversité, en préservant les arbres centenaires, en offrant un sanctuaire aux oiseaux migrateurs et en contribuant à la gestion des précipitations, de la fonte des neiges et du contrôle des inondations. Pour beaucoup d’entre nous, les sous-sols inondés après les pluies d’été sont un phénomène courant – un rappel puissant que nos quartiers ont été construits sur des zones humides et sur des lits de cours d’eau enfouis.

    De nombreuses grandes villes du monde, dont Séoul, Paris, New York, Londres et Toronto, s’efforcent de ramener à la lumière du jour leurs rivières, ruisseaux et zones humides d’origine. Le réchauffement climatique augmentant la fréquence et l’ampleur des inondations, ces villes reconnaissent qu’il est crucial d’utiliser les rivières et leurs zones humides comme un moyen économique, propre et naturel de gérer les problèmes de drainage croissants. Ces villes savent également que des ruisseaux, des rivières et des zones humides propres au sein de leurs villes ajoutent une valeur mesurable à l’immobilier, un plaisir esthétique incommensurable et des possibilités d’éducation, tout en contribuant à la santé et au bien-être des résidents.

    Nettoyons et mettons en lumière la rivière Saint-Pierre

    Ne la laissons PAS s’assécher ou être enterrée

    Un ruisseau, pas un tuyau !

     

    Pour en savoir plus

    Le film Lost Rivers de la Montréalaise Caroline Bacle explore le phénomène de la mise à jour des rivières urbaines http://undermontreal.com/lost-rivers-documentary

    La journaliste Marion Scott de la Montreal Gazette a écrit un article approfondi sur la rivière en 2009 https://montrealgazette.com/news/local-news/from-the-archives-our-islands-lost-rivers

    photos par Nigel Dove et Andy Dodge