Le corridor vert d’Hydro Québec pourrait-il donner accès à Meadowbrook aux résidents de Saint-Pierre?

    Depuis de nombreuses années, l’un des principaux obstacles à la création d’un parc sur Meadowbrook a été la présence des chemins de fer qui empêchent les résidents de Saint-Pierre d’avoir accès au terrain.

    Hydro Québec a récemment annoncé un projet de corridor vert qui pourrait offrir une solution. Dans le cadre de la modernisation de ses lignes de distribution entre les stations Saraguay et Aqueduc, Hydro Québec entend créer un corridor de biodiversité et de transport actif (marche, vélo) de 18 km. Les travaux d’une valeur de 500 millions $ devraient être terminés en 2025. Pour plus d’information, vous pouvez visiter https://www.hydroquebec.com/aqueduc-saraguay/en/

    Il s’agit de tout un processus puisque Hydro Québec doit obtenir l’approbation du ministère de l’Environnement, de la Régie de l’énergie et du BAPE. Hydro consulte aussi les intervenants tout au long du corridor afin de s’assurer de répondre aux  besoins locaux.

    Nous parlons ici des lignes qui circulent dans l’emprise  à l’arrière du chemin Roxton à Montréal Ouest et qui intersectent l’extrémité sud de Meadowbrook, où l’on trouve déjà un sentier informel. Hydro Québec semble penser que si l’organisme gouvernemental et leur partenaire, la Ville de  Montréal, ainsi que les citoyens faisaient pression auprès du CP, l’entreprise serait plus ouverte à la réalisation de passerelles au-dessus de ses rails.

    C’est à suivre….

     

    Des liens à créer

    L’idée n’est pas nouvelle, mais elle vaut la peine d’être répétée…

    Notre carte du sud-ouest de Montréal montre tout le potentiel du secteur qui, avec un peu d’effort, pourrait devenir un fabuleux terrain de jeux et permettre à la faune aussi de circuler sur le territoire.

    Les cyclistes connaissent déjà la piste du canal de Lachine, celle du canal de l’Aqueduc et la magnifique piste cyclable des Berges qui traverse les arrondissements de LaSalle et de Verdun.

    Les photographes se délectent de la faune du parc des Rapides et du parc Angrignon et les ornithologues amateurs profitent de la présence de nombreuses espèces d’oiseaux sur la falaise Saint-Jacques.

    Dans les cartons, il y a la bande verte le long de la Falaise, le parc-nature Turcot et la dalle-parc entre les arrondissements de Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce et Le Sud Ouest.

    Comment relier tous ces morceaux en une trame verte pour le sud-ouest de Montréal qui puisse à la fois profiter aux résidents de Lachine, Saint-Pierre, Côte Saint-Luc, Montréal-Ouest, Notre-Dame-de-Grâce, LaSalle, Le Sud-ouest et Verdun?

    Nous attendons vos suggestions!

    Sur les traces de la rivière Saint-Pierre d’antan

    Ce qu’il a été convenu d’appeler la mare Vincent Eggen, une résurgence d’un ancien marais

    Dans le cadre des Promenades de Jane 2019, Les amis du parc Meadowbrook et Revitalisation Saint-Pierre ont organisé deux promenades sur le thème de l’historique rivière Saint-Pierre.

    Notre guide, l’historienne de l’environnement Laetitia Deudon (Université de Montréal/Université de Valenciennes), a fait de la rivière une partie de son sujet de thèse de doctorat et mené des recherches à Montréal, Ottawa, New York et Aix-en-Provence pour retracer l’évolution de la rivière à travers les siècles.

    L’histoire environnementale s’intéresse aux relations entre la société et son environnement et comment l’un influence l’autre. Ses principaux outils sont les cartes anciennes, les archives écrites, les données archéologiques, mais aussi la toponymie (le nom des endroits, les rues notamment) et les morphogènes, c’est-à-dire des éléments du paysage actuel qui conservent la mémoire d’environnements anciens.

    Parlant de nom, nous avons appris que l’appellation Saint-Pierre, que l’on a attribuée à la rivière, au lac, à l’ancienne ville et aussi à une rue, rappelle Pierre Chevrier baron de Fancamp, un noble picard qui comptait parmi les fondateurs de la Société de Notre-Dame, à l’origine de la colonisation de Montréal. Autre toponyme intéressant à Saint-Pierre, la rue du Moulin. Les rues appelées de la sorte réfèrent le plus souvent à des moulins à vent, mais ceux-ci se trouvaient plus loin à l’entrée de Lachine et à la sortie du lac Saint-Pierre. Dans ce cas-ci, il s’agirait plutôt d’un moulin à eau qui se trouvait dans les parages. On retrouve par ailleurs un morphogène de la rivière dans la forme du boulevard Saint-Joseph à Lachine, la rue décrivant un coude qui correspond à celui de la rivière d’autrefois.

    La rivière Saint-Pierre est particulièrement difficile à retracer : certaines cartes comportent des erreurs, d’autres ne l’indiquent pas et elle réapparait sur d’autres cartes à un nouvel endroit. Les premières cartes et écrits remontent au milieu du 17e siècle et parlent de prairies fertiles, de chasse et de pêche abondantes le long de ses rives. On parlait par endroit d’une rivière de 10 à 12 pieds de largeur, une rivière à régime pluvial qui méandrait en terrain plat. La main de l’homme se fait déjà sentir lorsque le défrichement et la mise en culture sous le régime seigneurial français transformèrent le paysage et que les aménagements hydrauliques, de plus en plus nombreux, accentuèrent les débordements de la rivière, notamment à la fin du 18e et au début du 19e siècles.

    Les autorités coloniales essayèrent dès la fin du 17e siècle de mettre cette rivière sinueuse à leurs mains en la redressant pour la rendre navigable afin d’assurer le transbordement des marchandises et d’alimenter les moulins des seigneurs sulpiciens. Un premier effort de canalisation dans les années 1680-1700 achoppa, le roc du sous-sol montréalais s’avérant un formidable obstacle aux constructeurs d’alors.

    Par la suite, l’histoire de la rivière Saint-Pierre est intimement liée à la réalisation du canal Lachine. De ressource, la rivière devient au 19e siècle nuisance par ses débordements fréquents et son insalubrité grandissante. On y jetait en effet les déchets domestiques, agricoles et industriels. Les travaux du canal Lachine reprennent alors de plus belle. Un premier collecteur, le collecteur William dont une section est visible au musée Pointe-à-Callière, est réalisé en 1832. Un « bijou d’ingénierie victorienne », cette conduite en maçonnerie enfouit la rivière à son extrémité est. De nouvelles vagues de travaux se succèdent en 1897,  en 1914-1915 puis en 1932 avec la réalisation du grand collecteur Saint-Pierre, un ouvrage en béton cette fois qui finit d’enterrer la rivière et finalement dans les années 1960. La rivière disparait à toute fin pratique du paysage.

    Le développement économique et la pensée hygiéniste, qui ciblait les eaux dormantes et asséchait les marais, ont finalement eu raison du cours d’eau (comme de plusieurs autres à Montréal) dont il ne reste que 200 mètres encore visibles à Meadowbrook aujourd’hui.

    Pour plus d’information sur le système d’égouts de Montréal, visitez https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gouts_de_Montr%C3%A9al

    Et une carte à l’appui pour les mordus de cartographie  http://undermontreal.com/map/