Archive for October, 2019

les pollinisateurs

Qu’est-ce qu’un pollinisateur ? Que font les pollinisateurs ?

Les pollinisateurs sont une espèce essentielle à la production alimentaire sur Terre. Les pollinisateurs sont des animaux – abeilles, papillons, papillons nocturnes, coléoptères, oiseaux et chauvesouris – qui se nourrissent de nectar et transportent le pollen entre les parties mâles et femelles d’une plante afin que la fertilisation ait lieu. Les pollinisateurs sont à l’œuvre dans 75 % des plantes qui produisent des aliments. Les fruits et petits fruits (pommes, mures, bleuets, framboises), les noix et les graines (graines de tournesol et de citrouille, amandes, sarrasin) ainsi que les légumes comme le poivron, la courge, les tomates et les pommes de terre ne peuvent se reproduire sans l’apport des pollinisateurs.

Pourquoi faut-il protéger les pollinisateurs ?

À l’échelle mondiale, les pollinisateurs sont décimés par les pesticides, les espèces invasives de plantes et d’animaux, de même que par de nouveaux parasites et des maladies. Leur habitat est détruit lorsque la terre est dégagée à des fins de développement, lorsque les allées et les remblais sont asphaltés, lorsque les haies et les arbres morts sont retirés, lorsque le paillis est répandu. Lorsque les prairies sont fauchées dès la floraison et que les parterres sont manucurés en arrachant les pissenlits, les sources d’alimentation des pollinisateurs –le pollen et le nectar – disparaissent. Et lorsque les pollinisateurs sont affamés et en péril, c’est la production alimentaire humaine qui est à risque. Chacun de nous peut contribuer à la solution en plantant des fleurs, des arbustes et des arbres indigènes qui produisent le nectar et le pollen qui nourrissent les pollinisateurs.

Comment créer une réserve de pollinisateurs chez vous

Dans un minuscule coin de votre jardin, dans des boites à fleurs ou des pots sur un balcon dans les milieux les plus urbanisés, nous pouvons créer des réserves de pollinisateurs – des zones riches en ressources libres d’insecticide – en plantant une variété de plantes riches en nectar et en pollen. Ne rien faire – conserver les haies, ne pas ramasser les feuilles en automne, laisser des flaques et des espaces humides – est tout aussi important à la conservation des pollinisateurs, car cela procure des habitats pour butiner et pour la nidification.

Voici quelques composantes des réserves de pollinisateurs :

Arbustes : conservez une variété d’arbustes indigènes ou patrimoniaux comme l’amélanchier, le sureau et le sumac qui fleurissent à divers moments afin d’attirer les abeilles et autres pollinisateurs tout au long de la belle saison.

Arbres : plantez des arbres ! L’aulne et l’érable rouge produisent du nectar tôt dans la saison. Le tilleul fleurit en été. Le peuplier baumier produit de la résine que certaines espèces de pollinisateurs utilisent dans la construction de leur nid.

Fleurs : les abeilles et les pollinisateurs favorisent surtout les fleurs pourpres, jaunes, blanches et bleues. Plantez des asters, de la colombine, des cosmos, de l’onagre, des tournesols, de l’hysope, de la vergerette, du chèvrefeuille, du pommetier.

Fines herbes : plantez des fines herbes. Les pollinisateurs ADORENT les herbes aromatiques comme le thym, la ciboulette, la sauge, la grande consoude, l’origan et la bourrache, qui produisent beaucoup de nectar. Un jardin de fines herbes sur votre balcon peut être un petit paradis pour les pollinisateurs.

« Mauvaises » herbes : mélilot, verge d’or, pois crapaud et autres « mauvaises » herbes sont d’excellentes sources de nectar ou de pollen. Renaturalisez certains endroits pour ces plantes.

Pelouses : plantez des fleurs sauvages plutôt que du gazon. Remisez la tondeuse et les pesticides.

Au printemps, laissez les pissenlits pousser afin d’aider les pollinisateurs à commencer la saison du bon pied alors qu’il y a encore peu de sources de nourriture. Laissez les feuilles sur le sol par endroits à l’automne pour la nidification.

Zones de nidification : Créez des endroits ou des structures de nidification en laissant les arbres morts et les branches sur place.

Il nous faut aussi conserver l’incroyable diversité des pollinisateurs. On pense d’emblée à l’abeille mellifère (introduite d’Europe) lorsque l’on parle pollinisateurs, mais il existe en fait plus de 400 espèces d’abeilles indigènes au Québec, dont 300 sont d’importants pollinisateurs. La plupart sont solitaires, ne vivent pas en colonies et ne produisent pas de miel. Plus de 50 espèces d’oiseaux d’Amérique du Nord se nourrissent de nectar et de fleurs, l’oiseau-mouche et l’oriole en particulier. À l’échelle mondiale, on compte 400 000 espèces de coléoptères et 170 000 espèces de papillons pollinisateurs. De nombreux pollinisateurs ne recueillent le pollen que de certaines espèces de plantes. Au Québec, le sumac, la courge et la citrouille, le chardon, et l’onagre attirent chacun une différente espèce d’abeille. Afin de protéger la biodiversité, il nous faut donc maintenir des ilots d’espèces qui attirent ces spécialistes.

L’observation des pollinisateurs, tout comme l’observation des oiseaux, est une occasion unique d’entrer en relation avec la nature. Regardez bien et vous verrez des pollinisateurs à l’œuvre dans les « mauvaises herbes » des lots en friche, le long des trottoirs et des remblais. Ils transportent le pollen qui nourrit la planète. En plantant et en conservant les plantes, arbres, arbustes et haies qui produisent des fleurs (et donc du nectar), nous pouvons aider à nourrir les pollinisateurs qui nous nourrissent à notre tour.

Sur Meadowbrook, les grands arbres et les marécages, les arbustes et les « mauvaises herbes » le long des remblais de chemin de fer sont un véritable paradis qui nourrit et abrite une incroyable diversité d’oiseaux et d’insectes pollinisateurs sur l’ile de Montréal.

photo: agpollinators.org

par Sally Cole