Les Amis à la Commission sur la culture, le patrimoine et les sports

    Le 9 mai, Les Amis a présenté un mémoire à la Commission sur la culture, le patrimoine et les sports dans le cadre des consultations sur le Plan directeur du sport et du plein air urbains.

    Le mémoire soulignait les caractéristiques environnementales et historiques de Meadowbrook et rappelait notre souhait de voir le terrain rouvrir à la population pendant les mois d’hiver pour la pratique du ski de fond, de la raquette et de la marche hivernale. « Si l’on considère que l’arrondissement de Lachine affiche le plus faible niveau d’activité physique sur l’Ile et que NDG et Lachine ont le plus faible pourcentage de superficie dévolue aux parcs et aux espaces verts, Meadowbrook peut jouer un rôle essentiel dans la lutte contre la sédentarisation et l’accès à la nature », a dit la directrice Louise Legault.

    Download (PDF, 509KB)

    Les arbres de Meadowbrook

    Sally Cole

    Des érables argentés centenaires, des ormes d’Amérique et des tilleuls comptent parmi les attraits de Meadowbrook, un site magnifique et un espace de tranquillité à Montréal. Ces magnifiques arbres indigènes peuvent atteindre 30 m de hauteur et vivre de 130 à 200 ans. Ils sont naturellement adaptés aux milieux humides et aux sols alluvionnaires de Meadowbrook et offrent aux canards branchus et autres oiseaux des endroits pour nicher, des aires de repos aux oiseaux migrateurs et des abris pour les écureuils, les ratons et les mammifères.

    Ces cinq érables argentés, situés à l’extrémité sud du terrain de golf Meadowbrook, ont été photographiés en septembre 2015. Hydro Québec les a coupés depuis lors. Photo Louise Chenevert.

    L’un des objectifs de Les Amis, en plus de conserver ces témoins de notre passé, est de renaturaliser les 57 hectares de ce bijou afin que tous les citoyens de Montréal puissent en apprécier la beauté et s’y prélasser.

    Meadowbrook se trouve dans la zone du haut Saint-Laurent et de la vallée inférieure de l’Outaouais de la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent du Canada. Les eaux des Grands Lacs se drainent dans ces basses terres. Les espèces indigènes sont surtout à feuilles caduques : érable à sucre et hêtre avec érable rouge, bouleau jaune, orme, frêne blanc, grand tremble et chêne rouge et à gros fruits avec quelques touches locales de chêne blanc, de frêne rouge, de bouleau gris, d’orme liège, de bois de fer et de caryer cordiforme. L’orme d’Amérique dominait à une époque, mais est presque disparu avec la maladie hollandaise de l’orme. Le noyer cendré, le peuplier et l’orme rouge se retrouvent aussi dans les vallées et des peuplements d’érables noir et argenté dans les endroits où le sol est particulièrement fertile. Dans les sols moins bien drainés, le frêne noir domine. Les conifères occupent pour leur part les pentes et les plateaux au sol acide et érodé, surtout la pruche, le pin blanc, l’épinette et le baume du Canada. On peut aussi y retrouver le pin rouge et dans les endroits humides ou rocailleux, l’épinette noire et le cèdre.

    En plus des érables argentés, des ormes et des tilleuls, Meadowbrook comptent aussi des espèces non indigènes qui se sont acclimatées au Canada comme l’érable de Norvège, l’orme de Sibérie et le saule. Le long des voies ferrées qui entourent Meadowbrook, il faut aussi noter d’autres espèces indigènes comme le chêne à gros fruits, le cerisier tardif, l’ostryer de Virginie, le caryer cordiforme et le caryer ovale, une espèce menacée.

    Arbres indigènes sur Meadowbrook

     Sur la prairie

     Érable argenté (Acer saccharinum): de taille moyenne à élevée, jusqu’à 35 m de haut et 100 cm de diamètre. Il vit130 ans.

    Orme d’Amérique (Ulmus americana): l’un des plus grands arbres de l’est du Canada, atteignant jusqu’à 35 m de hauteur et 175 cm de diamètre. Il vit 200 ans. On le reconnait facilement à son profil en parasol. La maladie hollandaise de l’orme a détruit bon nombre de ces arbres magnifiques.

    Tilleul d’Amérique (Tilia americana): grands arbres au tronc droit qui atteignent jusqu’à 35 m de hauteur, 100 cm de diamètre et vivent 200 ans. On les trouve souvent en groupes, plusieurs drageons poussant autour de la souche d’origine. Le bois mou et léger, mais durable et finement texturé, servait à la fabrication de canots.

    Le long de la voie ferrée

    Caryer cordiforme (Carya cordiformis): le plus commun des caryers. Arbre de taille moyenne, jusqu’à 25 m de haut, 50 cm de diamètre et qui vit150 ans. Pousse dans les terres basses humides et en sol riche avec d’autres arbres à feuilles caduques. Le bois donne leur saveur fumée au jambon et au bacon.

    Caryer ovale (Carya ovate): arbre de taille moyenne, jusqu’à 25 m de haut, 60 cm de diamètre et qui vit 200 ans. Pousse en sol riche et humide avec d’autres arbres à feuilles caduques. Noix comestible, surtout prisée par les écureuils.

    Cerisier tardif (Prunus serotina): arbre de taille moyenne, jusqu’à 22 m de haut, 60 cm de diamètre et qui vit150 ans. À croissance rapide, pousse bien en présence d’autres arbres à feuilles caduques. Racines peu profondes avec pivot la première année. Le bois est utilisé en ébénisterie.

    Chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa): le plus commun des chênes blancs indigènes. Petits arbres de jusqu’à 15 m de hauteur, 60 cm de diamètre et qui vivent 200 ans.

    Ostryer de Virginie (Ostrya virginiana): petits arbres de jusqu’à 12 m de hauteur et 25 cm de diamètre. Tolèrent bien l’ombre ; se trouvent sous la canopée des arbres à feuilles caduques. Ce bois dur sert à la fabrication de manches d’outils.

    Voici d’autres espèces qui pourraient servir à la renaturalisation et que les Amis du parc Meadowbrook avaient recensé lors d’un inventaire en 2005-06 :

    Cornouiller à feuilles alternes (Cornus alternifolia)

    Peuplier deltoïde (Populus deltoids)

    Micocoulier occidental (Celtis occidentalis)

    Viorne (Caprifoliaceae)

    Aubépine (Crataegus)

    Frêne vert (Fraxinus pennsylvanica)

    Frêne noir (Fraxinus nigra)

    Sumac vinaigrier (Rhus typhina)

    Sureau blanc (Sambucus Canadensis)

    Saule noir (Salix nigra)

    Peuplier hybride de Jack (Populus xjackii)

    Sorbier (Sorbus)

    Orme rouge (Ulmus rubra)

    Bouleau (Betula)

    Amélanchier (Amelanchier)

    Le cornouiller, la viorne, l’aubépine, le sumac, le sureau, le sorbier et l’amélanchier sont particulièrement intéressants, car ils produisent des fruits pour nourrir la faune.

    La pratique du ski de fond sur les terrains de golf privés

    Avec la neige qui s’accumule, il est regrettable de constater que Meadowbrook ne reste accessible qu’aux seuls golfeurs de mai à octobre. C’est pourtant un terrain idéal pour la pratique du ski de fond; ouvert, avec de grands arbres et doucement vallonné.

    Une petite recherche nous a permis de constater que plusieurs municipalités sont parvenues à des ententes avec les clubs de golf à l’intérieur de leurs limites afin d’offrir à leurs résidents des activités de plein air hivernales. Pour en savoir plus, nous avons rédigé un questionnaire sur le sujet et l’avons fait parvenir à trois municipalités de la région montréalaise qui offrent des activités de ski de fond sur des terrains de golf privés. Voici les résultats de notre petit enquête.

    La pratique du ski de fond sur les terrains de golf privés

    Les Amis du Parc Meadowbrook a fait parvenir à trois municipalités  de la région montréalaise un questionnaire sur les activités de ski de fond qu’elles offrent à leurs résidents sur des terrains de golf privés. (Le questionnaire est joint en annexe). Dans un cas, ce sont 23,6 km de sentiers de ski de fond et de raquette qui sont balisés. Nous avions aussi recensé d’autres cas, mais il s’agissait de propriétaires de terrains de golf qui offraient des activités de ski de fond pour rentabiliser leur terrain en hiver. Nous avons obtenu les réponses de deux municipalités, l’une qui offre ces activités depuis plusieurs années, l’autre depuis quelques années (projet pilote en 2015).

    Résultats de l’enquête

    Dans les deux cas, ces activités sont offertes gratuitement. Aucun employé n’est affecté à ces activités, si ce n’est pour tracer les pistes, et les municipalités ne travaillent pas avec des bénévoles. Dans un cas, le budget de l’activité est fixé à 20 000 $.

    Dans un cas, l’accès était réservé aux seuls skieurs, tandis que dans l’autre, les raquetteurs pouvaient aussi se prévaloir des installations (sentier parallèle pour la raquette et le pas de patin). Une municipalité offrait même des cliniques de ski de fond sur place à quelques reprises pendant la saison.

    Meadowbrook

    La municipalité qui offre cette activité depuis plusieurs années aimerait offrir un « concept plus global, style base de plein air » mais « les risques reliés à la météo sont énormes et freinent les ardeurs à ce niveau. » La variabilité des précipitations (pluie, suivie de grêle¸ faible enneigement) ces dernières années rend plus difficile la pratique des sports d’hiver, que ce soit le ski ou le patin.

    La collaboration des clubs de golf est essentielle pour le balisage des pistes. Une municipalité souligne compenser les clubs de golf pour l’accès à leur terrain, ce qui est sans doute bienvenu, étant donné la situation financière précaire de plusieurs clubs de golf.

    Il n’y a pas de patrouille de sécurité : ce sont les usagers qui assurent leur propre sécurité. Dans les deux cas, les pistes sont damées. Dans un cas, les skieurs ont accès à un endroit pour se reposer qu’ils partagent avec les usagers de la patinoire extérieure. Dans les deux cas, il y a du stationnement gratuit à proximité.

    Le cas de Meadowbrook

    Le terrain de Meadowbrook présente de nombreux avantages pour la pratique du ski de fond : grands espaces, terrain légèrement vallonné, présence d’arbres pour briser le vent. Il y a même du stationnement sur le terrain (sans doute faudrait-il déneiger pendant les mois d’hiver). L’état de délabrement du club house empêcherait cependant son utilisation par les skieurs.

    Le terrain est cependant scindé par une voie de chemin de fer qui pose un problème de sécurité particulier. En tant que fondeur, j’ai déjà traversé des routes et des chemins de fer en ski de fond. On pourrait donc prévoir un panneau qui indiquerait aux usagers les pratiques sécuritaires et le fait qu’ils pourraient rester coincés si un train décidait de se garer là. L’horaire des trains pourrait aussi être affiché. Un autre panneau à l’entrée pourrait d’ailleurs rappeler les règles de sécurité et de bienséance sur les pistes. Si la sécurité est vraiment trop problématique, la pratique du ski de fond pourrait être réservée à la section au sud de la voie ferrée, plus accessible.

    On peut donc en conclure que Meadowbrook se prêterait bien à la pratique du ski de fond, moyennant quelques aménagements de base qui pourraient même être partagés entre les diverses municipalités limitrophes.

    Des sous pour les programmes de plein air

    À noter que le  Programme de soutien aux installations sportives et récréatives du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur annonçait un investissement de 100 millions $ pour la construction, l’aménagement, la mise aux normes ou la rénovation d’installations sportives et récréatives ainsi que de sentiers et de sites de pratique d’activités de plein air. Le programme s’adresse aux organismes municipaux, aux organismes sans but lucratif, aux villes et aux coopératives  La date limite est le 23 février (http://www.education.gouv.qc.ca/organismes-a-but-non-lucratif/aide-financiere/fonds-pour-le-developpement-du-sport-et-de-lactivite-physique/installations-sportives-et-recreatives/).